Qui sommes nous ?

 

Notre association a été créée en avril 1968 sous le nom de « Cercle René Schickele ». Ses membres voulaient réagir contre la dégradation croissante de la situation de la langue allemande et des dialectes dans notre région. D’emblée notre association a choisi de mettre en avant l’idée de « culture bilingue » : un aspect essentiel de la personnalité de l’Alsace et de la Moselle est constitué par son ouverture sur les deux cultures françaises et allemande et sur les langues qui les sous-tendent. D’emblée notre association a ainsi voulu se distancier d’un « floklorisme » qui se serait concentré sur des « particularismes ». Certes, elle entend défendre aussi nos traditions et nos dialectes, mais en les replaçant dans ce cadre plus vaste de la double culture et dans une perspective européenne. Dans cette démarche, elle reste fidèle à une définition de la langue régionale qui associe l’allemand standard et les dialectes de la région. Pour exprimer cette vision large, elle a pris le nom de René Schickele citoyen français et deutcher Dichter, un homme dont la vie et l’oeuvre expriment l’ouverture vers les deux mondes culturels français et allemand, une ambition de qualité, un esprit progressiste et le dépassement de toute forme de nationalisme dans une perspective européenne et humaniste.

 

Le Cercle avait concentré ses premières actions sur la réintroduction d’un enseignement précoce de l’allemand à l’école et sur la promotion de la culture bilingue en Alsace et Moselle. Une conférence de presse et la publication de la fameuse brochure « Zweisprachig unsere Zukunft » préfacée par Alfred Kastler, prix Nobel de physique, avaient marqué ce départ. A l’époque le dialecte était encore bien vivant chez les enfants et l’objectif était de garder le contact avec la langue de culture qui lui correspond. Pour cela un enseignement hebdomadaire d’allemand de 3h paraissait suffisant aux fondateurs du Cercle. Ce dernier avait également organisé un enseignement gratuit de l’allemand le jeudi dans plusieurs communes d’Alsace. Il avait par ailleurs bénéficié du soutien du professeur Guy Héraud, le grand spécialiste du fédéralisme et des peuples et langues d’Europe à l’Université de Strasbourg Ses premières publications portaient en exergue la déclaration de L’UNESCO sur la race et les préjugés raciaux du 26 septembre 1962 et de référaient aux travaux du Conseil de l’Europe sur les avantages du bilinguisme. Le Cercle s’affirmait ainsi dès cette époque comme un des lieux de réflexion, de débat et de proposition. La plupart des textes publiés à cette époque (par des auteurs comme J. Dentinger, J. Keppi, H. Wild) sur notre langue et notre culture n’ont pas pris une ride. 

 

C’est en 1970 que le « Kreis » a créé la revue Land un Sproch. En 1973, il a diffusé dans la  presse l’« Appel aux citoyens » pour garder la langue régionale. Puis il a lancé des universités d’été, fait sa campagne d’affichage « Lehre d’Kinder Elsässisch » en 1975, lancé une montgolfière « Redde wie de Schnawwel uns gewachse isch » en 1978. Il a publié la brochure « Quelle langue choisir en 6e »,  obtenu la signature de 500 maires et de tous les parlementaires d’Alsace pour une « requête aux autorités scolaires »  en vue d’un meilleur enseignement de l’allemand en 1985, réalisé avec ISERCO un sondage sur les problèmes de la langue régionale en 1989 suivi de l’opération « Avez-vous perdu votre langue ? en 1990. En 2004, il a produit un rapport sur la politique linguistique pour l’Alsace. Ce sont des membres du Kreis qui ont créé d’autres structures comme ABCM-Zweisprachigkeit et assuré le contact avec les associations françaises ou européennes pour la promotion des langues régionales : Flarep, EBLUL-France, et tout récemment ELEN. Dans ses locaux, il a installé le Centre Culturel Alsacien en 2011. Bien d’autres initiatives et actions pourraient encore être citées.

 

Le Cercle porte aujourd’hui le nom un peu compliqué de « Culture et Bilinguisme d’Alsace et de Moselle – René Schickele Gesellschaft » Notre association est dans la force de l’âge. Son message fondamental n’a pas vieilli. Nous avons choisi de rester une association culturelle sans engagement partisan mais avec une conscience forte des implications politiques de l’action culturelle : nous ne sommes affilés à aucun parti de quelque nature que ce soit mais nous préconisons le renforcement des responsabilités régionales, qui nous parait nécessaire pour la sauvegarde de nos identités alsacienne et mosellane.  

 

Notre association reste fermement engagée pour la promotion de notre langue régionale dans ses diverses formes, les dialectes alémaniques et francique comme l’allemand, une langue à laquelle il faut donner un nom : appelons-la « allemand d’Alsace et de Moselle ». Dans le conteste actuel, l’existence et l’action de notre organisation pour la culture bilingue de l’Alsace et de la Moselle est plus nécessaire que jamais. Nous poursuivrons notre mission mais nous avons besoin du soutien vigoureux de tous nos membres et sympathisants.